jeudi 19 mars 2020

J2 - Tocsin et art abstrait

Jeudi 19 mars. Deuxième jour de confinement. La journée a mal commencé. Il faisait gris, déjà.

Le confinement quand il fait moche, c'est tout de suite moins rigolo...

Et puis, surtout, elle s'est ouverte avec une âpre découverte...



Le coupable? On sait tous de qui il s'agit... "BASIIIIIIILE ! VIENS UN PEU ICI, BONHOMME..."

Bon, je vous avoue que je suis tout de même un peu surpris. Il n'y a pas un seul mur de la maison qui soit d'une teinte autre que le blanc cru. Et depuis que le gamin joue des crayons gras, je m'attendais donc à faire un jour le deuil de nos murs immaculés. Un peu dans le genre "monochrome de Whiteman saccagé", si la référence vous parle... Donc, quelque part, cette découverte matinale s'apparente en fin de compte à une certaine forme de soulagement. Mais bon. Si au moins il savait dessiner...

Version harzéenne du célèbre "En voiture, Simone" !
Bref ! Deuxième jour de confinement, disais-je. Comme la veille, Basile et Pablo filent chez la gardienne de ce dernier. Car celle de Basile nous a claqué dans les doigts. Pas du coronavirus, non - ou alors elle a omis de nous le dire. Mais elle a préféré se prémunir de tout risque et se cloîtrer chez elle en fermant son espace d'accueil jusqu'au 5 avril. Tu le sens arriver, le gros caillou dans la chaussure des prochains jours? Déjà que le télétravail ne comporte que de vagues relents d'un relatif confort, si en plus c'est pour faire la police en permanence afin de garder chaste le sol de la maison, c'est sûr, ça va être sportif! En même temps, difficile d'en vouloir aux gens de respecter plus que de raison les normes de confinement. Et puis, c'est peut-être finalement elle qui a raison.

Si le confinement dure plus longtemps que
prévu, on aura même du basilic...
Pendant ce temps, Fanny continue de vaquer à ses occupations. A l'extérieur cette fois. Elle a donc troqué le pistolet à silicone pour le râteau et s'est amusée à tamiser par-ci, à rempoter par-là. Bref, depuis l'automne, Fanny n'a jamais gardé le nez dehors aussi longtemps que depuis qu'on est en confinement!

Quant à moi, j'ai décidé de profiter de l'occasion - et surtout de la complexité de trouver de bons sujets tout en restant confiné en pyjama à la maison - pour raconter l'histoire des proches et des amis. Après avoir fourgué à mon rédac' chef l'histoire de Lolotte et celle de Brice un peu plus tôt dans la semaine, voilà que je lui vends celle d'Olivier et son marathon confiné de la chanson inventée. Pas de bol, après 22 minutes d'interview par téléphone, j'apprends qu'un collègue avait eu l'idée deux heures plus tôt!

Mais pas le temps de m'appesantir là-dessus, l'heure d'aller chercher les deux bonshommes retentit au clocher de l'église du village ! Le temps pour le plus grand de peaufiner sa technique du "je bois comme un grand au gobelet" - et de s'auto-congratuler par des applaudissements nourris - et pour le dernier né de tester son habilité à l'équitation, il était presque l'heure d'aller au lit. Car, à nouveau, ce sont les grosses cloches de l'église de Harzé qui nous l'indiquaient... non sans chatouiller la curiosité de Basile!

Basile est satisfait. Pendant ce temps, on entend Pablo se
bidonner sur le dos de sa mère qui henni de plaisir.

Nous avons donc passé le reste de la journée à expliquer comment fonctionnait un clocher. D'où venait de "DING DONG". Comment les cloches étaient actionnées. Vidéos à l'appui! Et chanson de Disney en fond sonore...


En bon (?) historien que je suis, j'aurais sans doute dû leur raconter que, jadis, pour prévenir d'un danger, les églises sonnaient de la sorte le tocsin. Et que, vu l'actualité qui nous occupe, on était passé à quelques décennies seulement de se coltiner un appel du genre la veille à midi. Bah, ne les embêtons pas avec ça. Pour l'heure, mettons-les simplement au lit... Ding ! Ding ! Ding ! Ding...

Romain


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