Jeudi 2 avril. Seizième jour de confinement. Et des sueurs froides dès le réveil...
Les dents du loup ne semblent pas être la plus grande des menaces autour de la table du salon... Et de fait! Plus encore que les jours précédents, Basile s'est levé dans une forme olympique! Tours de table à gogo, lancer d'objets en tout genre, notre gros loulou semble fin prêt pour "Tokyo 2020 et un".
En attendant les futurs exploits à venir, nous lui avons montré ceux d'antan. Grâce aux albums photos souvenirs de vacances passées. Basile a particulièrement accroché sur les clichés de clochers. Ben voyons... DING! C'est d'ailleurs là qu'on se rencontre qu'il y a un paquet d'églises sur nos photos de vacances en France.
Pendant ce temps, Pablo a poursuivi son appropriation toujours plus grande - et fournie en jouets - de son parc. Si la petite balle de préhension rouge à clochette garde sa préférence, le petit livre qui fait un bruit de papier kraft qu'on essaye de chiffonner l'intéresse aussi énormément. Tout comme les clochettes de son arche. Lui aussi.
Pablo aime d'ailleurs beaucoup son parc. A condition que l'on joue avec lui. En fait, Pablo aime beaucoup de choses. A conditions, donc, que l'on fasse ces choses avec lui.
Parce que, bon, à force de le voir systématiquement de bonne humeur, on s'est quand même demandé si le petit loustic souriait également quand on avait le dos tourné. Vous savez, c'est un peu comme la phénoménologie du philosophe austro-prussien Edmund Husserl et son fameux principe de "l'a priori corrélationnel" (ou en tout cas, tel que je l'ai plus ou moins compris voici 20 ans quand j'étais sur les bancs du Père Ganty ou du professeur Longneaux, je ne sais plus très bien) *.
Et donc: NON! Quand on ne le regarde pas, Pablo ne sourit pas. Ou moins... Par contre, quand on ne le regarde pas, Basile continue de manger ses lentilles grosso modo à l'unité. De quoi considérablement allonger le temps du repas...
Une fois la sieste d'après-dîner digérée, Basile s'est ressourcé en allant prendre le frais.
Problème: le petit voisin avec qui il aime jouer faisait de même et il n'a pas été facile de décoller notre bonhomme de la (nouvelle et visiblement efficace) clôture: il aurait tant aimé jouer avec les voitures du petit voisin! Mais voilà: confinement oblige - surtout que la maman du petit voisin travaille dans une maison de retraite où 9 cas avérés de contamination ont été recensés cette semaine -, Basile a donc dû se contenter de regarder cela de loin, faisant naître de grosses larmes de crocodile que seule la construction d'une petite ferme en bois avec son papa - et à l'intérieur - a réussi à sécher.
Une fois apaisé, Basile a remis sa veste et rejoint Fanny dans le jardin. Pour y chasser le ver de terre, arracher les racines de ronces et - surtout - s'amuser à démanteler le système de luminaires solaires installé à l'automne.
D'ailleurs, au bout d'un moment, Basile a simplement arrêté de faire semblant de bosser.
Quoi de mieux qu'une petite sieste improvisée couché sur une dalle de pierre crasseuse avec sa maman occupée à bêcher à côté? Bon, il n'a pas vraiment dormi... Mais il s'est vraiment couché volontairement. Je précise "volontairement", car je vous rappelle qu'il est tout de même maladroit et qu'il lui arrive plusieurs fois par jour de se retrouver les quatre fers en l'air après une bête chute ou s'être pris les pieds dans un tapis.
Pendant ce temps, à l'intérieur, Pablo et son papa se sont amusés à circuler dans la maison, le temps d'un rot ou deux, de quelques chansons, de nombreux sourires et d'une foule de regards de curiosité appuyé sue tout ce qui se présentait sous leurs yeux.
On pourrait aussi raconter les nombreuses remontrances dont Basile a fait aujourd'hui encore l'objet. C'est qu'il nous nargue, le coquin! A faire bêtise sur bêtise et s'enfuir en se bidonnant. Il paraît qu'on appelle ça "la crise des deux ans".
A sa décharge, il est vrai que la situation est loin d'être évidente. Et encore! On a la chance d'avoir une grande maison et un jardin... Mais sa famille et ses amis commencent à lui manquer. Avec son meilleur ami Luis, ils se sont d'ailleurs échangés des photos (via les téléphones des mamans) pour se rappeler au bon souvenir l'un de l'autre. On a donc demandé à Basile de faire un grand sourire...
Bon, ce n'est pas tout à fait ça... De quoi redonner les sueurs froides de ce matin...
Romain
* On n'en est qu'au seizième jour. Imaginez un peu les références que je vous sortirai dans vingt jours quand on aura depuis longtemps passé le mois entier de confinement...
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