Mardi 7 avril. Vingt-et-unième jour de confinement, histoire de boucler une troisième semaine pleine. Un jour qui avait, semblait-il, démarré sous les meilleurs auspices. Car si les papas sont souvent les héros de leurs enfants en général et de leurs fils en particulier, il arrive parfois que les rôles s'inversent, que le fils devienne le héros aux yeux du père. L'espace d'un instant au moins.
C'est ce qui est arrivé ce matin: tandis que maman se mettait à fredonner quelques notes d'un air bien connu de chanson française dans la cuisine, Basile s'est aussitôt emporté, le souffle court, le regard stressé: "Pas... pas... pas...!!" Ce qui, dans le lexique basilien, indique une négation, qui plus est fortement marquée. Le brave... Quelques notes à peine de "Le café des délices" auront suffi à le dégoûter de Patrick Bruel. Ouf! Ce sera cela d'épargné à mes oreilles. Sauf que...
Sauf que le temps de monter prendre ma douche et de redescendre, Basile fredonnait distinctement à tue-tête le "Ya lil, ya lil, habibi ya lil" de ladite chanson, visiblement convaincu finalement par je ne sais trop quel argument de sa mère! Et tant pis pour mes pauvres oreilles.
(Par respect pour chacun et, surtout, pour vous éviter quelque acouphène, je me garderai bien de diffuser ici toute vidéo du gamin chantant du Bruel. De rien)
Pour revenir à des choses plus essentielles, la journée de ce mardi s'est inscrite dans la lignée des précédentes, au point qu'on n'ose plus trop vous proposer les habituelles photos de château en bois, de flâneries dans le potager ou de sourires de bonne humeur! Cela finirait par vous lasser. Du coup, tentons aujourd'hui de mettre l'accent sur de petites scènes de la vie quotidienne au-delà des activités oisives habituelles !
Ce matin, Pablo a démontré une grande curiosité pour le petit livre de découverte du reggae de son grand frère. Sans doute en raison des deux ou trois albums de Bob Marley et ses Wailers qui tournent régulièrement sur la platine de papa!
L'occasion aussi de tester la position assise aux côtés du grand. (Et de laver les oreilles de ce dernier, salies donc par les vociférations de la chèvre Bruel).
Basile s'est de son côté senti l'obligation de poursuivre ses recherches en esthétisme (souvenez-vous son maquillage au marqueur sur tissu) et mode calcéolophile.
Une chose est certaine: il ne devrait pas faire carrière dans ces deux domaines...
En foot alors?
Mouais... Disons qu'il y a GOAT et goat! Il y a en effet GOAT (Greatest Of All Time): Messi, Ronaldo, Pelé ou encore Maradona selon les croyances. Et, parmi les autres, il y a les vraies chèvres du dimanche matin. À vous d'évaluer dans quelle catégorie notre héros du gazon a le plus de chance de s'immiscer...
Sinon, histoire de rester dans l'herbe, on a aussi profité de la fin d'après-midi ensoleillée (sauf au moment de la prise des deux clichés ci-dessous) pour sortir la mini-tente et le tapis à pique-nique. L'occasion de se prélasser un peu dehors, sans nécessairement retourner la terre, planter des oignons ou déplacer des dalles en béton. Le tout au son des cris venus tout droit du jacuzzi des voisins, pour qui le confinement semble se passer au moins aussi bien que pour nous...
Je rassure celles ou ceux qui attendraient ce traditionnel billet journalier pour s'évader quelque peu: on a fait quand même une balade! Une plus courte que la veille. Mais une balade "entre mecs" (ben oui, maman télétravaille en journée).
Sur ce, on vous laisse! C'est qu'il nous faut avancer dans l'élaboration d'un billet sine die à parution prochaine! Les plus fidèles verront de quoi je veux parler. Les autres n'auront qu'à relire l'intégralité de ce journal! Ou attendre, la bave aux lèvres, la parution de ce numéro spécial...
Romain
PS: on ne voulait pas clôturer ce billet sans une petite pensée pour Hélène et Rémy. Courage! Prenez soin de vous.
PPS: Non, en effet, je n'aime pas Bruel
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